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Quentin Bruno – Irak

 

Introduction

Quentin Bruno, photoreporter bruxellois franco belge, fait partie de l’agence Hans Lucas.
En octobre 2016, il a séjourné en Irak et commencé un reportage sur les milices chrétiennes qui voulaient reprendre leur ville de Qaraqosh après l’occupation de Daech. Deux semaines plus tard, il couvre la bataille de Mossoul.

La bataille de Mossoul est lancée le 17 octobre 2016 par l’armée irakienne, les peshmergas, les milices sunnites, chiites et chrétiennes et les forces de la coalition face à l’Etat islamique. Cette bataille vise à reconquérir Mossoul, seconde ville d’Irak, aux mains de l’Etat islamique depuis 2014.
Avant d’être prise par l’Etat islamique, la ville comptait plus de 2 millions d’habitants.
La bataille de Mossoul dure aujourd’hui depuis plus de 4 mois, si une partie de la ville a été reprise, d’autres sont encore contrôlées par Daech. Quentin Bruno était en février en Irak pour couvrir la bataille de Mossoul Ouest.

 

Contexte

Depuis la France, la bataille de Mossoul est noyée parmi tous les conflits qui meurtrissent le Proche et le Moyen-Orient depuis les décolonisations. Pourtant, la bataille est au cœur de la lutte internationale contre le terrorisme.

Mossoul, deuxième ville d’Irak, est la capitale religieuse de l’Etat islamique (EI), groupement terroriste dont les exactions n’ont de cesse de rappeler l’Occident à une violente réalité, comme à Paris ou à Nice. Reconquérir Mossoul est par conséquent, avec Raqqa en Syrie, capitale politique de l’EI, une étape indispensable pour espérer retrouver une certaine stabilité, dans la région et dans le monde.
Située au nord de l’Irak, Mossoul est le nœud gordien de la crise existentielle du pays, miné depuis décembre 2013 par cette deuxième guerre civile après l’invasion américaine de 2003 et la première guerre civile d’Irak de 2006 à 2009.
Essentiellement sunnite, la ville regroupait également chrétiens, kurdes, yézidis, chiites aujourd’hui principalement en exode. Alors que la population sunnite, poussée par la première guerre civile, soutient dans un premier temps l’EI, elle est rattrapée par la conscience de la persécution des minorités et l’implacable charia de l’EI.

Aujourd’hui, l’Irak et sa population cherchent à retrouver son patrimoine. L’armée irakienne est épaulée par des milices chrétiennes, chiites, sunnites, les peshmergas de l’armée kurde, et la coalition internationale. La multiplicité des acteurs, dont la coordination a demandé des mois de préparation, témoigne de la complexité du jeu d’influence géopolitique : l’Iran, derrière les milices chiites, cherche à affirmer un croissant chiite embrassant l’Iran, l’Irak et la Syrie ; le Kurdistan compte acter son indépendance, alors même que le voisin turc feint d’ignorer le sujet ; et l’Irak cherche à maintenir une certaine unité, malgré les soubresauts confessionnels qui secouent le pays.

A Mossoul, la bataille investit les rues de la ville et les maisons accaparées par l’EI, principalement aux minorités chassées. Les terroristes se confondent avec les civils. La progression est lente et difficile : il s’agit de libérer des populations prises au piège, d’éviter les dommages collatéraux, et de sauver du patrimoine ce qu’il est possible de sauver.
En dehors de Mossoul, la plus importante et la plus symbolique, les bases arrière sont nombreuses, qu’il faut reprendre, tout aussi difficilement, à l’EI : Tall Afar, Batnaya, Tall Kayf, Karamlesh, Bartella, Qaraqoch, Qayyarah, Mouhalabiya, Bachiqa…

 

Christian militia dormitory, Irak, Quentin Bruno, 2016

Avant la bataille de Mossoul, Quentin Bruno réalisait un reportage sur les milices chrétiennes, qui se sont constituées en Irak pour défendre leurs terres face à l’Etat Islamique. Ces milices sont constituées en grande majorité de civils et parfois d’anciens militaires de l’armée irakienne.

As many other milicias the NPU is waiting for the official announcement of the battle of Mosul. For the moment no one knows who will be included in the battle, the first offensive will be on Qarraqosh in a few days. The NPU (Nineveh Plain Protection Units) is a unit of Assyrian Christians in Iraq, defending against Islamic State of Iraq and the Levant. Comme beaucoup d'autres milices, le NPU attend l'annonce officielle du commencement de la bataille de Mossoul. Pour le moment personne ne sais qui fera partie des intervenants lors de la première offensive sur Qarraqosh dans quelques jours. Le NPU (Unité de protection de la plaine de Ninive) est une unité formée de chrétiens assyriens d'Irak se battant contre l'Etat Islamique en Irak et au Levant.

 

The NPU Militia waiting for the offensive, Irak, Quentin Bruno, 2016

Les Nineveh Plain Protection Units (NPU) ou les unités de protection de la plaine de la Ninive sont l’une des milices chrétiennes intégrée à la coalition contre Daech. Cette milice a été créée en 2014 afin de défendre les chrétiens d’Irak menacés et chassés par Daech, notamment dans la plaine de la Ninive. Ces milices sont sous le commandement irakiens et ont été entraînés par les américains.

 

First day of the offensive, Irak, Quentin Bruno, 2016

Cette photographie est réalisée la veille de la bataille de Mossoul, on distingue au loin la ligne de front entre les peshmergas et l’Etat islamique. Des fumées sont également visibles, signalant très souvent souvent des véhicules piégés par Daech.

The first day of the offensive for Mosul was under the control of the Peshmergas with the help of the coalition. A few villages were liberated of ISIS before the Iraqi Army start to battle to liberate the Christians villages within the next days. Le premier jour de l'offensive contre Mossoul s'est déroulé sous le contrôle des Peshmergas avec l'aide de la coalition. Certains villages ont été libéré du joug de l'Etat Islamique avant que l'armée irakienne vienne libérer les villages chrétiens dans les jours qui suivent.

 

The first day of the offensive for Mosul was under the control of the Peshmergas with the help of the coalition. A few villages were liberated of ISIS before the Iraqi Army start to battle to liberate the Christians villages within the next days. Le premier jour de l'offensive contre Mossoul s'est déroulé sous le contrôle des Peshmergas avec l'aide de la coalition. Certains villages ont été libéré du joug de l'Etat Islamique avant que l'armée irakienne vienne libérer les villages chrétiens dans les jours qui suivent.
Shoot for the moon, Irak, Quentin Bruno, 2016

Dès l’annonce de l’offensive à venir, la pression était très forte dans la ville d’Erbil, ville du Kurdistan irakien où de nombreux journalistes étaient basés dans l’attente de ce conflit. Pour lancer la bataille, il fallait attendre l’accord de Bagdad sur la répartition des territoires après l’offensive et sur la participation des milices. Cette date a été connue 24 heures à l’avance, et il a été décidé que les peshmergas lanceraient l’offensive. Les journalistes se rendent alors à Khazer pour couvrir le conflit. Dans la nuit, quelques explosions se font entendre et à l’aube tout commence : de nombreuses frappes aériennes de la coalition, des voitures piégées  par Daech.

 

Liberation of villages, Irak, Quentin Bruno, 2016

Le premier jour de l’offensive contre Mossoul s’est déroulé sous le contrôle des Peshmergas avec l’aide de la coalition. Certains villages ont été libérés du joug de Daech, avant même que l’armée irakienne ne vienne libérer les villages chrétiens.

The first day of the offensive for Mosul was under the control of the Peshmergas with the help of the coalition. A few villages were liberated of ISIS before the Iraqi Army start to battle to liberate the Christians villages within the next days. Le premier jour de l'offensive contre Mossoul s'est déroulé sous le contrôle des Peshmergas avec l'aide de la coalition. Certains villages ont été libéré du joug de l'Etat Islamique avant que l'armée irakienne vienne libérer les villages chrétiens dans les jours qui suivent.

 

En Irak, le camp de Dibaga acceuille de nombreux réfugiés et déplacés. Beaucoup viennent de Mossoul pour ainsi fuir l'Etat Islamique ou la bataille contre l'armée irakienne et la coalition en approche.
Dibaga Camp, Irak, Quentin Bruno, 2016

Depuis le lancement des opérations, le nombre de déplacés s’élève à 217 000. Au total, 878 000 personnes ont reçu une aide humanitaire d’urgence.Le camp de Dibaga, situé à 80km au sud est de Mossoul dans la région autonome du Kurdistan irakien accueille plusieurs milliers de civils ayant fui Daech.Lorsque les déplacés arrivent dans le camp, ils sont « scannés » pendant une semaine afin de vérifier qu’ils ne sont pas d’anciens combattants de Daech ou des infiltrés. Ce que l’on voit sur la photo est une annexe du camp initial devenu trop exigu.

 

Frontlines, Irak, Quentin Bruno, 2016

Quelques jours avant la reconquête de Mossoul par l’armée irakienne, plusieurs offensives sont menées pour libérer les villes et villages aux alentours

 

Quelques jours avant la prise de Mossoul, les villes et villages aux alentours se font reprendre. Bashika, une ville Yézédis et chrétienne, étant ainsi le dernier bastion des Peshmergas.

Eve of the battle, Irak, Quentin Bruno, 2016

Veille de l’offensive sur Bachiqa.

Située dans le Kurdistan irakien à une douzaine de km au nord-est de Mossoul, Bachiqa est une ville où cohabitaient des yézédis, la plus grande communauté de la ville, et aussi de nombreux chrétiens.

 

Cannon firing against ISIS, Irak, Quentin Bruno, 2016

Sur la ligne de front le matin de l’offensive sur Bachiqa. Les canons soutiennent l’avancée des convois menés par les Peshmergas.

Quelques jours avant la prise de Mossoul, les villes et villages aux alentours se font reprendre. Bashika, une ville Yézédis et chrétienne, étant ainsi le dernier bastion des Peshmergas.

 

Ali on the way to Bachiqa, Irak, Quentin Bruno, 2016

Ali, peshmerga âgé de 24 ans, au volant d’un Humvee, véhicule blindé.

Il fait partie de la mission qui a repris la ville de Bachiqa en novembre 2016.

La reconquête de cette ville était l’un des objectifs fixés aux peshmergas, les combattants kurdes, dans la vaste opération lancée par Bagdad.

 

Urban combat in Qaraqosh, Irak, Quentin Bruno, 2016

Un combattant irakien se bat aux côtés d’un membre des NPU, milice chrétienne, pour reprendre la ville de Qaraqosh, première ville chrétienne d’Irak à une quinzaine de kilomètres de Mossoul. 60 000 habitants, tous chrétiens, vivaient dans cette ville avant l’arrivée des jihadistes.

Qaraqosh était une ville chrétienne sous l’occupation de l’Etat Islamique depuis 2 ans. La 16ème et la 9ème divisions de l’armée Irakienne ainsi que la milice chrétienne du NPU se sont attelés à la libérer.

 

Iraqi militaries and Christians fighting together in Qaraqosh Irak, Quentin Bruno, 2016

Un chrétien, enveloppé dans le drapeau irakien, s’avance aux côtés de militaires irakiens dans la rue principale de Qaraqosh.

 

A Christian fighter entering his city, Irak, Quentin Bruno, 2016

Un milicien chrétien entre dans un centre religieux de la ville de Qaraqosh, qui vient d’être libéré. L’armée irakienne est entrée en premier dans la ville, accompagnée par quelques miliciens chrétiens des NPU, pour certains originaires de cette ville. Ce centre religieux porte les stigmates du conflit, les murs et objets de culte sont criblés de balle.

Qaraqosh était une ville chrétienne sous l'occupation de l'Etat Islamique depuis 2 ans. La 16ème et la 9ème divisions de l'armée Irakienne ainsi que la milice chrétienne du NPU se sont attelés à la libérer.