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LES REVENUS SONT RÉPARTIS À PARTS ÉGALES ENTRE SOS MÉDITERRANÉE, LE PHOTOGRAPHE ET LA GALERIE. 

 

SAUVETAGE en MÉDITERRANÉE

SOS MEDITERRANEE est une association fondée en 2015 par un groupe de citoyens européens, décidés à agir face à la tragédie des naufrages à répétition en mer Méditerranée. Avec 3.771 morts en 2015 et plus de 4.700 en 2016, la Méditerranée est devenue la route migratoire la plus dangereuse au monde, l’axe Libye-Italie étant le plus meurtrier – 90% des décès enregistrés en 2016 l’ont été sur l’axe de la Méditerranée centrale. L’association est apolitique avec un seul impératif : sauver des vies en mer. Grâce à une mobilisation exceptionnelle de la société civile européenne, SOS MEDITERRANEE a affrété un navire de 77 mètres, l’Aquarius, et a débuté les opérations de sauvetage fin février 2016 au large des côtes libyennes. En 9 mois d’opérations, SOS MEDITERRANEE a secouru plus de 10 000 personnes d’abord aux côtés de Médecins du Monde puis aujourd’hui Médecins Sans Frontières, partenaire médical présent sur le navire pour l’accueil et le soin des rescapés à bord. Des photographes reporters sont venus à bord de l’Aquarius pour illustrer et témoigner de la situation des migrants en mer Méditerranée et de l’action de SOS MEDITERRANEE. Ce fut le cas de Patrick Bar, Sinawi Medine et Isabelle Serro, dont nous présentons ici le travail. Ils donnent un visage et une voix à tous ces hommes, ces femmes, ces enfants et leur permettent d’exister aux yeux du monde.www.sosmediterranee.fr

 

PHOTOGRAPHE : PATRICK BAR

INTRODUCTION

Patrick Bar, photojournaliste, à bord de l’Aquarius de février à avril 2016

 

LES GUIDES

 

LE LIEN

 

FUTUR INCERTAIN

 

MER ENDORMIE

 

DOUTES

Dans ce regard, il y a beaucoup de questions. Je vois à la fois de la peur et de la tranquillité. A bord de l’Aquarius, les réfugiés peuvent désormais se reposer et en même temps la crainte de l’avenir ne les quitte pas. Ils ne savent pas ce qu’ils vont devenir, comment ils vont faire pour retrouver leurs proches, leur famille. Comment y arriver ?

 

ICI OU AILLEURS.

« De nombreux enfants ont étés sauvés par SOS MEDITERRANEE.  Deux petites filles sont là en train de dormir. C´est la tranquillité retrouvée. Le sens que j´ai voulu donner à cette photo, c´est qu´on ne puisse la situer nulle part. Ces petites filles pourraient être dans une chambre d’enfant. Cela pourrait se passer n´importe où. Il faut savoir qu’il n´y a pas que des adultes en Mer Méditerranée, beaucoup d´enfants, parfois des mineurs isolés.  »

 

LUMIÈRE

« Un homme en train de dormir. Le visage qui brille sur le pont arrière, c´est l’humain qui ressort. Après plusieurs semaines, mois ou années de luttes, un moment de tranquillité qui ne va pas faire oublier les souffrances, mais c´est positif. Visage de tranquillité, Juste montrer un homme qui dort. C´est important. »

 

PHOTOGRAPHE : ISABELLE SERRO

INTRODUCTION

Isabelle Serro, photojournaliste, à bord de l’Aquarius de juillet à début septembre 2016

REGARD D’ENFANT

 

GRÂCE AU CIEL

« Il s’agit du premier sauvetage d’une embarcation en bois par l’Aquarius. Il y avait 422 personnes à son bord, dont certaines entassées à l’intérieur de la cale (que l’on ne voit pas sur la photo). Lorsque SOS MEDITERRANEE est arrivé, les équipes ont eu très peur car l’embarcation commençait à prendre l’eau. Finalement, toutes les personnes ont pu être sauvées et je me suis arrêtée sur l’homme au centre de la photo, qui est heureux, qui remercie le ciel d’être secouru. C’est un moment de grâce.  »

 

DESTINS

« J’aime beaucoup les photos de main dans mes reportages parce qu’au même titre que les visages, je trouve que les mains parlent, racontent des histoires. Ces mains sous entendent tout ce qui s’est passé avant ce voyage. On est là sur le canot de sauvetage de SOS MEDITERRANEE, les rescapés savent qu’ils vont être embarqués sur l’Aquarius mais ils continuent à s’accrocher. Leur destin est à nouveau entre leurs mains. »

 

CHANTS D’ESPÉRANCE

 

ÉPUISEMENT


COUCHER DU SOLEIL

« Cette photographie apporte de la douceur. Nous sommes au coucher du soleil, nous nous dirigeons vers Catane en Sicile. Les rescapés à bord de l’Aquarius sont maintenant rassurés, le stress redescend, chacun a trouvé une place à bord du bateau. En fait ce que j’aime dans cette photo, ce sont les pieds, les jambes qui dépassent car il y a cette confiance de la part de toutes ces personnes qui ont été secourues par SOS MEDITERRANEE. L’Aquarius est plus qu’une embarcation, c’est quelque chose de vivant, plein d’humanité. »

 

RECUEILLEMENT

 

BISOUS

« On arrive dans un port en Sicile. Les familles sont débarquées en premier. Des peluches ont été distribuées aux enfants pendant la traversée. Il y a cet enfant qui embrasse sa peluche. Pour moi c’est important car il y a toujours cette innocence, qui a été préservée malgré le fait que ces gens viennent de très loin. La candeur est là, c’est cela que j’ai voulu immortaliser… Le fait aussi que l’on a une famille réunie, c’est important, parce que l’on voit aussi au sein de l’Aquarius, tellement de femmes, d’enfants et d’hommes qui arrivent seuls. »

 

PHOTOGRAPHE : SINAWI MEDINE

Sinawi « Zen » Medine, préfère nous livrer par écrit l’histoire de ses photographies, afin de les laisser aussi parler par elles-mêmes. Recruté par Médecins du Monde en tant qu’interprète et photographe de février à avril 2016, il a également fait partie de l’équipe de sauvetage (search and rescue) à bord de l’Aquarius. Son histoire personnelle est intimement liée au drame qui se joue actuellement en mer Méditerranée. Né en 1983 en Erythrée, Zen doit quitter son pays pour raisons politiques, et après un parcours d’exil de plusieurs années (Soudan, Libye), il s’installe en France. S’il débute dans la photographie en autodidacte en travaillant dans différents studios en Afrique, il s’oriente très vite vers le reportage. C’est dans la photographie sociale que s’exprime singulièrement sa sensibilité d’auteur : un travail témoignant de son parcours et de ses valeurs.
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LA ROUTE DE L’EXIL

Zen embarque à Marseille à bord de l’Aquarius, affrété par SOS MEDITERANNEE en partenariat avec Médecins du Monde. « Il est difficile d’imaginer que dans cette mer dangereuse, où comme ici les vagues peuvent atteindre 5 à 6 mètres, des gens viennent chercher de l’aide. A la merci des flots, embarqués sur un canot gonflable sans radio ni gilet de sauvetage, ces migrants laissent le destin décider de leur avenir : être sauvé ou disparaître en Méditerranée. »

 

PREMIER SAUVETAGE

« Les opérations de sauvetage commencent avec un signalement du MRCC (Centre de Coordination des Secours Maritimes) de Rome. Dès qu’un bateau en détresse est repéré, deux canots de sauvetage sont envoyés en approche. La première étape est d’expliquer aux migrants la mission humanitaire de l’Aquarius, de faire un état général des personnes à secourir et de leur donner des gilets de sauvetage. Sur cette photographie, ce qui me touche beaucoup c’est l’inquiétude que l’on peut lire sur les visages des migrants. Ils sont partis en pleine mer dans la nuit, ils ont fait le voyage sans gilet de sauvetage, leur moteur ne marchait plus, ils étaient entre la vie et la mort, paniqués par la force de la nature. Ce premier sauvetage, c’est également la réalisation concrète du travail de SOS MEDITERRANEE, la réalisation de la promesse faite aux donateurs qui ont financé le projet : un sauvetage touche individuellement, c’est une vie qui est en train d’être sauvée. »

 

URGENCE

Zen accompagne les sauveteurs en tant qu’interprète, parlant le français, l’anglais, l’arabe, il est là pour rassurer, expliquer l’opération de sauvetage. Une fois que les conditions de sécurité sont assurées, il prend sa casquette de photographe afin de témoigner de la situation en mer Méditerranée. Le sauvetage auquel il assiste le 17 avril est particulièrement difficile, le canot pneumatique est dans un état critique, il est percé. « L’Aquarius avait reçu un appel d’urgence du MRCC suite à un signalement fait par un tanker. L’équipe de sauveteurs est surprise par l’heure à laquelle ils ont trouvé ce canot, qui a sans doute été baladé pendant un long moment par les flots. Il est en effet impossible de quitter le territoire libyen en plein jour. Ici une jeune fille est en train d être sauvée. »

 

SOULAGEMENT

« Lorsque les bateaux secourus sont en bon état, que les personnes à bord ne sont pas en situation de panique, ils sont acheminés directement à l’aide d’une corde vers l’Aquarius. Les sauveteurs ont toutefois préalablement fait descendre les femmes et les enfants, et ont distribué les gilets de sauvetage. Sur ce type d’embarcation, s’entassent plus de 100 réfugiés. Ils sont ensuite débarqués un par un, c’est une opération toujours délicate et dangereuse. »

 

AMITIÉ

« La plupart des rescapés sont encore sous le choc des expériences vécues en Libye. Après des mois de brutalité, ils se sentent à nouveau des êtres humains et retrouvent l’espoir d’une nouvelle vie. Sur cette photographie, nous voyons deux femmes qui viennent du Nigéria. Elles se sont connues en prison en Lybie, là où sont placés les migrants. Elles ont toutes deux subi de terribles violences. Elles aspirent simplement à avoir une vie normale. »

 

RESCAPÉ

« Venu du Niger, ce jeune homme, qui parle bien anglais, a également connu les prisons libyennes. J’aime beaucoup cette photo car je vois là un homme qui regarde à la fois son passé fait de souffrances, son présent et son futur, remplis de doutes et d’espoir. »

 

HUMANITÉ

« Sur le bateau, une petite pièce est réservée aux femmes et enfants. Grâce au sauvetage opéré par l’Aquarius, la vie peut reprendre son cours. Il y a une grande fraternité sur le bateau, les enfants sont pris en charge par tout le monde, une sorte de famille élargie se crée ».

 

L’AQUARIUS

« Cette photographie rend hommage à l’Aquarius, ce bateau de 77 mètres affrété par SOS MEDITERRANEE pour secourir les migrants en mer. Je le vois comme un symbole humanitaire, qui vient apporter de l’espoir aux réfugiés. »